Le jour où j’ai rencontré l’amour de ma vie 2 : mon accouchement

NOTE AVANT DE COMMENCER, tu connais les actes manqués ? cet article en est un, j’avais tout écrit une première fois et je ne sais par quelle manœuvre, j’ai tout effacé.  Mon inconscient m’a dit que soit, j’étais pas prête, soit il trouvait ça nul.

 Si tu ne l’a pas encore lu, je t’invite à aller voir la partie concernant ma grossesse Le jour où j’ai rencontré l’amour de ma vie partie 1 : ma grossesse

Je t’ai donc laissé avec un col effacé et un bébé très bas après une soirée ou papa crapouille a dansé sur du Claude François dans un pantalon patte d’éléphant . Nous nous sommes couchés tard. A 4h du matin du 28 juillet, soit trois semaines avant mon terme, les premières contractions ont commencé. A ce moment là j’étais sereine suivant les dires de tout le monde, les premiers accouchements prennent du temps. Mes contractions étaient espacées de 10 minutes, j’essaie donc de me reposer entre chacune.

4h30, « putain de bordel de cul !! Elle fait mal celle là ! Je vais peut-être demander une péridurale » . Je rêvais d’un accouchement  dans la salle nature, donc sans anesthésie , mais j’avoue que sur cette contraction j’ai douté de mes capacités à supporter cette douleur des heures durant pour pousser . Si tu as déjà eu à supporter des contractions tu sais que ça donne envie de pisser. Je suis  donc descendue aux wc, j’ai fait mon affaire et me rend compte que je perd un peu de sang. Le bouchon muqueux commençait à travailler et les contractions s’intensifiaient.

5h, j’étais encore sur les toilettes, j’ai caressé l’espoir de remonter me coucher mais les contractions ne faisaient plus tellement de pauses. Il est tellement bas et pousse tellement fort que j’ai l’impression que je vais « chier ce gosse ». Désolée, c’est vulgaire mais à ce moment là je jurai comme un charretier. il est donc 5h, quand j’ai totalement perdu le bouchon muqueux. Je me suis retrouvée avec du sang sur les jambes, je suis donc partie prendre une douche. Note bien qu’à partir de ce moment je serais à poil. Je me nettoie tan bien que mal et j’arrive à me trainer jusqu’à l’escalier . L’homme en entendant mes râles s’est jeté hors du lit  » – ça va ? » « – je serre tout ce que je peux mais il va falloir y aller ! ». Il se jette dans la chambre pour s’habiller alors que je tente vainement d’enfiler une culotte. Quand il arrive, j’étais dans le salon, culotte à la main à bout de souffle incapable de me baisser. Il essaie donc de poser la culotte au sol pour que je n’ai qu’à passer les jambes …. toujours pas, même passer ne serait ce qu’un pied est une épreuve pour moi. Je décide donc de prendre une ultime douche, froide cette fois pour calmer les contractions, le temps que papa crapouille appelle la maternité et charge la valise dans la voiture. Crois moi, il a fait aussi vite qu’il pouvait mais de retour sous l’eau je ne pouvais plus tenir. Le corps humain est bien fait, cela faisait déjà un petit moment que j’essayais de retenir mes poussées mais là, bébé n’était plus d’accord. Cette fois, je pousse, je hurle, j’ai mal. Il appuie sur le coccys, il est même bloqué contre, j’appuie mon dos contre le mur pour faire basculer mon bassin, je le sens passer, deux poussées et hurlements plus tard je sens sa masse passer et un poids se libérer de mon ventre. Quand je baisse les yeux, au milieu de l’eau, du sang, et d’autres fluides, je vois une forme blanchâtre , je le saisi en même temps que les serviettes qui pendaient à côté , je le colle contre moi et nous enveloppe. Il pleure, je respire. C’est à ce moment que papa crapouille entre dans la salle de bain. Il fait un arrêt sur image, il semblerait qu’à ce moment je lui ai dit « il est tombé ». Je me rappelle surtout lui avoir demandé de me chercher des serviettes sèches et mon peignoir. Quand il revient je lui dit « – bon y va ? » « – oui mais où ça ? » « – bah à la maternité ! » … »- oui bien sur Laetitia… mais ça va pas ?! J’appelle les pompiers ! C’est eux qui vont t’amener !! « . Aaah oui, c’est pas bête, moi je viens d’accoucher toute seule alors je me sens capable de tout. Il les appelle donc et le temps qu’ils arrivent, je lui demande me nettoyer le bas du corps qui était couvert de plein de choses, notamment du sang. Je réaliserais bien plus tard ce que j’ai osé lui demander … dans sa chute, le cordon s’était cassé mais le placenta ne s’était pas libéré, papa crapouille s’est donc retrouvé à quatre pattes le nez à quelques centimètres du cordon qui pendait toujours et de l’horreur qu’était devenue la salle de bain (depuis rebaptisée la scène de crime).

Son téléphone sonne moins de cinq minutes plus tard , les pompiers approchaient de la maison et voulaient être surs de trouver, mon homme sort donc pour leur servir de repère dans la cours de la maison. Très déterminé, un premier pompier se presse pour venir à mon secours pendant que ses collègues préparent le matériel. « bonjour, on nous a appelés pour un accouchement imminent »  tout en ouvrant la porte papa crapouille lui dit « il y a erreur, il a déjà eu lieu l’accouchement  » . Au même moment je passais dans l’entrée avec bébé dans les bras. Je revois encore le visage de ce premier pompier, « celui au bouc », se décomposer  » euh, alors, euh, on fait quoi ? Ah oui je sais ! Madame allongez-vous ! » . Je le regarde un peu dubitative, puis je regarde mon canapé, à nouveau lui, puis mon canapé… « que je m’allonge…. sur mon canapé? » il fait savoir que mon cordon pendouillant laissait des trainées de sang partout, on me suivait du salon à la salle de bain. « – non, vous avez raison, ils arrivent vous allez vous mettre sur le brancard, mais ça va aller Hein ? Vous vous sentez de rester debout ? ». Bah oui, là encore, je viens d’accoucher toute seule, je suis une guerrière ! Les collègues pompiers arrivent effectivement avec le brancard, emboutissant mon vaissellier en passant. Je prend donc place et leur confie mon bébé. « – c’est un garçon ou un fille ? » un garçon ! On nous l’a dit à l’échographie mais j’avoue que je n’ai absolument pas regardé. Quand je l’ai pris, ma seule préoccupation était de le garder au chaud.
Le pompier au bouc s’est remis de ses émotions et c’est avec légèreté que je réponds à ses questions (la plus Belle : a quelle heure est-il né ? Aucune idée, à vu de nez on va dire à 6h) pendant que le chef prend soin de crapouillot. Avec douceur il le prend, le tourne dans tous les sens pour s’assurer que tout va bien et clampe le cordon avec une certaine admiration. Le cordon s’était parfaitement coupé, au bon endroit. Saches, toi qui lis ces quelques lignes, qu’à l’heure où je les écrits , j’en ai toujours les larmes aux yeux, je les revois dans mon salon enveloppés de bienveillance et d’une légère fascination. Ils étaient quatre, dont un qui nous regardait avec des étoiles dans les yeux, il nous a même demandé de prendre un photo. Nous étions hors du temps quand les médecins du SAMU sont arrivés … deux hommes et une femme qui ont débarqué comme un chien dans un jeu de quilles. Il faut te dire, qu’ils n’aiment pas ça eux, les accouchements. Les boucheries de la route, ils sont formés voir malheureusement habitués donc ils maîtrisent mais les accouchements c’est une autre affaire. Et si avec les pompiers je me payais le luxe de faire des blagues, avec eux c’était clairement « pas le moment madame ». Ils ont commencé à harceler mon homme pour avoir une couche, il avait beau leur dire que bébé était déjà le cul au sec, c’était du vent. Il a du donc sortir la valise de maternité et la déballer dans la cours pour trouver une putain de couche et s’entendre dire en rentrant « non mais c’est bon il en a une ». Avec le recul on s’est dit qu’ils voulaient l’éloigner. De mon côté après avoir encore répondu à des questions, et non on ne savait toujours pas l’heure précise de sa naissance, et vérifier ma tension et l’état du cordon ils ont commencé à m’amener vers l’ambulance. Attention retour des larmes. Je ressens le petit pincement de fraicheur de la température de début de journée, il était moins de 7h. Nous étions crapouillot et moi ensevelis sous une couverture de survie et deux de mes plaids mais je fus quand même saisie par le frais. Alors que nous avançions dans la cours je fixai le ciel, le soleil se levait et il se teintait de rose et d’orange, en passant je pose les yeux sur ma voiture, le coffre ouvert, la valise de maternité éventrée au sol. Là encore avec le recul, j’imagine la précipitation et le stress que papa crapouille a vécu. Nous approchons de l’ambulance, les roues avant du brancard sont chargées et je réalise « vous savez, c’est la première fois que je vais faire un tour en ambulance ». Les pompiers me sourient, le chef me dit même que c’est une belle occasion alors que les médecins du SAMU me font comprendre que c’est pas le moment de leur faire perdre du temps en causette. Je suis dans l’ambulance, les pompiers prennent place, le médecin femme et un homme du SAMU aussi. Le troisième devait sans doute ramener la voiture. Nous partons et une fois en route la femme appelle la maternité pour les prévenir de notre venue. Je l’entends dire « – non les contractions n’ont pas repris » sur quoi je m’empresse d’intervenir
 » -mais si !
– pourquoi vous le dites pas ?!!
– pourquoi vous le demandez pas ?
– gnneuh, bref depuis quand ? »
– bah là à peu près
– 7h03 (je crois j’ai un doute). c’était le chef pompier
– hey c’est la première chose précise de la journée ! » le médecin homme esquisse enfin un sourire, la femme me fusille encore du regard.

Nous approchons de la maternité  quand le pompier avec les étoiles dans les yeux me tend un sachet en plastique « son premier doudou » … ok je fonds en larme. Pompy, c’est son nom n’a plus jamais quitté le lit de mon fils.

Pompy
Je te présente Pompy

Nous arrivons à l’hôpital par le sas des urgences et après quelques formalités, prenons la direction des ascenseurs pour aller à la maternité. Je crois que c’est à ce moment que les médecins du SAMU nous on laissés. J’avoue que si certains détails ont marqués mon esprits d’autres ne m’ont pas touchés, le départ des rabats joies par exemple. J’étais dans ma petite bulle avec mon bébé, je l’admirais, je levais parfois les yeux pour découvrir que nous avancions toujours vers la salle de naissance. Au pied de la porte, dans le couloir tout le service avait essayé de se libérer pour nous voir. Pour les prochains jours nous serions des petites stars, pendant le séjour, chaque nouveau soignant qui rentrait dans notre chambre abordait avec un « c’est lui… ».
Nous entrons en salle de naissance et je rencontre les deux sages femmes qui vont maintenant s’occuper de nous. Elles prennent les infos du chef des pompiers pendant que les autres m’accompagnent pour passer sur le lit de la salle. Je libère leur brancard et leur dit au revoir avec un pincement au cœur. Je les aimais bien.

Les sages-femmes étaient cool, tu penses, j’avais déjà fait le plus gros du boulot ! On papote, on plaisante et elles me demande « papa arrive avec les affaires de bébé ? » … je sais pas … je réalise alors que dès que le SAMU est arrivé je n’ai plus vu le papa. Est ce qu’il est en route ? Est ce qu’il était seulement capable de conduire ? Est ce qu’il a trouvé le chemin de la salle de naissance? Heureusement en quelques minutes on le voit passer la porte, avec la valise ! Je vais essayer de le convaincre de te raconter tout ça de son point de vue, et qui sait, je découvrirais sans doute des choses moi aussi.

Bref, 7h30, me voilà en salle de naissance, ce lieu froid et médical que j’appréhendai. Une dernière pour la route « vous voulez rire ? J’ai appris à pousser hier ! Ahaha » en fait j’étais lourde je crois. Ceci dit ça fait marrer la SF « vous allez me montrer ça, poussez le plus fort pour sortir le placenta « . Ok, j’inspire et là… rien. Mais en fait vraiment rien. Je ne trouvai plus mon ventre, je n’identifiai plus mes muscles alors pour pousser ça donnait rien. « c’est pas grave! Je vais vous aider  ! » et alors qu’elle disait ça , elle appuie sur mon ventre en tirant le cordon. Le placenta est sortie en un splutch un peu dégueu pendant que je lachai un râle. La sensation du placenta chaud passant sur mes chairs à vif était fort désagréable. J’apprends dans la foulée que crapouillot en sortant a fait son passage, je dois avoir des points. Là j’avais finis de faire la rigolote. La SF la plus jeune prend bébé en charge alors que la plus âgée attaque la couture. Cette zone était assez douloureuse et la fatigue commençait à tomber. Elle me fait donc une anesthésie locale avant de démarrer. Chaque point, chaque passage de l’aiguille et ensuite du fil qui glisse dans la chair était pénible. Je serrais les dents et les poings alors que j’entends l’autre sage-femme annoncer « je lui lave la tête  » sans me laisser le temps de réagir. De toute façon au même moment un fil était tiré m’arrachait à cette conversation. En d’autres circonstances je lui aurait simplement dit « pas la peine il a déjà pris une douche » mais là j’étais dépassée . On finissait enfin les soins et je récupérais mon bébé contre moi. Nous avions déjà fait la tétée (je n’en parle pas ici car tout le démarrage de l’allaitement, du camion de pompiers à aujourd’hui mérite un article)  et son seul soucis à présent était de dormir. Les SF nous ont alors laissé en nous expliquant que j’allais rester là deux heures sous surveillance « au cas où ». Nous étions enfin tranquilles tout les trois, tellement que nous n’avons vu personne pendant plus de deux heures. Même quand papa crapouillot a cherché quelqu’un. Qu’à cela ne tienne nous avons profité, nous avions décidé de garder cet instant pour nous et de  ne prévenir amis et familles qu’une fois en chambre.

salle de naissance
Fraiche et pimpante sortie de la douche

Les deux heures largement passées, une femme entre avec un lit et m’explique qu’elle va m’amener en chambre où je pourrais prendre un petit déjeuner. HALLELUIA ! Manger !J’avais faim depuis presque une heure. J’esquissais un début de mouvement pour me lever du lit, toujours bébé dans les bras quand je commençais à me sentir mal. Le fameux malaise que les pompiers et le SAMU redoutaient. Il était là, prêt à me coller par terre. Heureusement j’arrive à me glisser dans le lit et nous descendons enfin. Une fois en chambre nous mettons crapouillot dans son berceau pour que je puisse manger et papa commencer à envoyer des messages à tout le monde. Soudain une pensée nous effleure… papi est pompier, « commence par lui ! Il faut pas que ses collègues l’aient déjà prévenus ! » par chance ce n’était pas le cas, mais moins de 30 minutes plus tard, il recevait les félicitations de la caserne.

C’est ainsi qu’a démarré notre vie à trois. 7 mois plus tard, je prend plaisir à me souvenir ces quelques heures, à me rappeler le visage bienveillant de ces hommes, à sentir le petit poids de mon bébé sur mon cœur, sentir sa douce chaleur. Même si tout n’a pas été rose, si l’angoisse me reprend en revoyant cette forme blanche au fond de ma douche, cette peur à l’idée de faire un malaise mon bébé dans mes bras j’ai pris plaisir à partager ce moment. Quand j’aurais le courage, j’attaquerais la partie 3 : le séjour à la maternité. En attendant j’espère que tu as pris autan de plaisir à me lire que j’ai eu à écrire.

À bientôt 😚😍

6 réflexions sur “Le jour où j’ai rencontré l’amour de ma vie 2 : mon accouchement

  1. Ping : Les perles spéciales corps médical – Maman crapouille

  2. waou je suis complètement choquée par ton accouchement!! Digne d’un film (d’horreur, d’action ou à l’eau de rose, j’hésite!), en tout cas félicitations, je n’aurai jamais eu les ressources pour accoucher seule et réagir comme tu l’as fait; vraiment bravo!!

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    1. Ahaha ! Ça choque beaucoup de monde. régulièrement on me dit « mais fallait partir plus tôt « . J’ai pris la décision de partir à la maternité quand je savais que j’avais pas le temps , soit moins d’une heure après le début des contractions ce qui en soit est déjà exceptionnel pour un premier

      Aimé par 1 personne

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