Maternage et féminisme

Régulièrement, mon esprit se laisse aller à des corrélations plus ou moins probables. Comme tu le sais (ou pas) je suis pro maternage proximal, j’allaite et j’ai fait le choix de me mettre quelques mois entre parenthèses pour mon bébé. Bref en 2019, je suis un schéma familial assez archaïque.

Des années de luttes féministes pour acquérir le droit de se libérer du patriarcat et de la charge totale du foyer pour qu’au final ma vision de la maternité ressemble au « travail, famille, patrie » de Pétain … J’ai bien dit ressemble , parceque faut pas déconner non plus ! Ou a une pub des années 50 ! Mais je suis trop nature peinture pour ça. Dans ma tête, les mamans des pubs années 50 sont canonissimes ! Avec des brushing de fou et des robes repassées (je ne comprends pas le repassage, c’est un truc qui me dépasse ). Genre elle ! Canon, coiffée et une robe repassée 😍. (J’en profite pour te dire, cette fille je l’aime d’amour, elle a aussi un  blog avec des amies coffee and waffles).

FB_IMG_1549876892094
Parfaite Pin UP

Moi c’est plutôt huiles de ricin et coco dans les cheveux, hoodie et chaussettes pilou. Mais je m’égare, je digresse !

FB_IMG_1430036848583.jpg
ça c’est moi … pour la féminité on repassera. j’oserai je ferais une blague de mauvais goût mais j’ai peur que ça dévalorise le propos de l’article

Alors quoi ! Ça veut dire que je bafoue le droit des femmes ? Pourtant je me suis toujours considérée féministe mais aujourd’hui mon combat est de devoir lutter contre les biens pensants qui ne comprennent pas le maternage proximal et voient ça comme une régression .

Je te propose que nous nous attardions sur la définition du féminisme. Selon wikipédia, le féminisme est un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes.  Vu comme ça , le côté maman au foyer colle pas vraiment avec le concept. Pourtant.

Pourtant en 2015, je quittais un emploi pour diverses raisons mais la goutte d’eau fut de me rendre compte que mon nouveau collègue, gagnait environ 15% de plus que moi. Je faisais des heures de fou, j’avais une progression de chiffres plus que convenable et pourtant j’étais à peine plus que le salaire de base de quelqu’un qui rentrait dans cette société ( je ne parle pas de SMIC puisque tout le monde avait le 13eme mois , nous avions au moins cette chance, et j’avais une légère ancienneté).

J’ai travaillé en jardinerie en milieu rural où j’ai du me heurter aux à priori . Les hommes et les femmes qui remettaient en doute mes conseils concernant l’outillage et la motoculture parce que j’étais une femme. Un jour, un couple est venu, ils voulaient des conseils , je suis la première sur qui ils sont tombés. Je les renseigne donc. Ils me laissent, à priori, ravis pourtant, je les entends prendre la direction de mon collègue et lui demander les mêmes renseignements. « Allez voir ma collègue , c’est elle qui s’y connait le mieux elle saura vous renseigner » ils ont fait genre « ah ok on y va » et en me repassant à côté ils m’ont souris niaisement l’air de dire « non mais c’était un test on vous fait confiance »…

Sinon à plusieurs reprises j’ai entendu « il y a personne pour me renseigner  » ,  » si je suis là »  » non mais un homme ! »  » Vous allez être embêté si vous comptez sur un homme c’est mon rayon , y’a que moi pour vous renseigner « . J’ai aussi eu droit à des réflexions quand je faisais le ménage « vous les femmes vous y connaissez en ménage » oui bien sûr ! Y’a le gène du balai serpillère et il est exclusivement féminin connard !

Et tu veux savoir le pire ? Deux fois sur trois, ça venait de femmes !  Alors même si « on n’est pas là pour éduquer les clients  » à chaque fois je faisais en sorte de leur faire imprimer qu’ils étaient rétrogrades et débiles.  Subtilement pour le débile bien sûr…. Ou pas !

Et ça c’est juste dans le milieu professionnel. Dans tous les domaines de la vie on peut trouver des exemples pareils. Quand je vais acheter des matériaux pour la maison par exemple , on me fait comprendre que quoi que je dise je ne peux pas m’y connaître. Pourtant, chez nous, c’est moi qui fait les travaux. Quand on a fait la chambre de bébé crapouille (autrement surnommé SAS crapouillot premier ) papi et tonton  sont venus nous aider mais J’AI appris à mon homme à couper des plaques de plâtre, JE lui ai appris à faire les joints et JE lui ai expliqué comment on se sert de la perceuse. J’AI réparé le lavabo de la salle de bain, JE fait  de l’électricité (bon j’avoue là je suis mauvaise, mais ça dépanne) J’AI isolé/doublé/poncé/peint la porte d’entrée.

Pareil pour la voiture, un jour, je suis tombée en panne. Il s’avère que quelqu’un qui a deux mains gauches a mis 5l d’huile dans le moteur et m’a tout fièrement dit « tu peux rouler j’ai mis l’huile ! » Bref, là n’est pas le sujet. Quand je suis tombée en panne, le mec qui m’a « gentiment » aidé (« j’ai pas le choix si je veux pouvoir passer ») à la pousser sur le coté s’est foutu de moi en pensant que j’avais pas fait le niveau d’huile et que j’avais serré le moteur. Sinon ma voiture est cabossée sur trois côtés, tout le monde me fait des réflexions comme quoi c’est normal, je suis une femme… Sauf que voilà, je l’ai achetée comme ça sur 2 cotés, ça m’a permis de faire baisser le prix et le troisième c’est un homme qui m’est rentré dedans alors que j’étais garée et que je ne demandais rien a personne ! La seule chose, c’est que je me fiche de l’état de ma carrosserie alors non je ne la répare pas. Par contre, JE m’occupe de ma voiture toute seule, je sais changer un pneu, mes essuies glaces, mes ampoules (ça je fais pas parce que c’est chiant mais je sais faire), et je sais qu’avec 5l d’huile une voiture tombe en panne. Tout ce que je viens de raconter c’est avant tout un problème de mentalités et c’est contre ça que le féminisme doit se battre.

J’ai toujours mis un point d’honneur à être autonome. J’estime que dans la limite de mes capacités je suis en mesure de m’en sortir, et ça a mes yeux, c’est du féminisme !

« Soit le changement que tu veux voir chez l’autre » disait Gandhi . Alors si je veux que les gens considèrent que suis aussi capable qu’un homme , je dois en faire la preuve . Oui mais voilà , je ne suis pas un homme . Là où je diverge avec la définition du féminisme c’est que je ne veux pas l’égalité, je veux l’équité !

Je ne suis pas un homme, je n’ai pas leur force physique.  Alors,  même si j’ouvre mon bocal à cornichons seule, quand il faut trimballer les gros troncs d’arbres , j’appelle l’homme.

Je ne suis pas un homme , j’ai un utérus. Tu sais ce truc qui fait qu’une fois par mois je me traîne comme une loche (oui loche, pas loque) bouffie de rétention d’eau. Et encore , je m’estime chanceuse car contrairement à d’autres je ne me tord pas de douleurs pendant des jours.

Je ne suis pas un homme , je subi des raz de marée hormonaux chaque mois. Et tu sais ce qui va de pair ? La responsabilité et la charge mentale de tomber ou non enceinte. C’est a moi qu’incombe la responsabilité de la contraception et les conséquences sur mon corps. Mon corps mais pas que ! J’ai dans mon entourage des femmes qui sont tombées enceintes sous contraceptif. La réaction des gens est parfois terrible et dans l’inconscient collectif c’est de leur faute même si elles avaient une contraception. Alors là encore je m’estime chanceuse mais la responsabilité est toujours sur les épaules des femmes.

Je ne suis pas un homme, quand je postule pour un emploi j’entends « ah… Vous avez un bébé… » Et même « vous avez un enfant ça me fait peur, vous risquez de vous absenter ». Pas plus que son père, pas plus que quelqu’un d’autre.

Je ne suis pas un homme. Et pour cette raison c’est moi qui allaite mon fils, c’est moi qui me lève la nuit pour le nourrir et surtout c’est mon corps qui a subi des variations aussi fortes qu’un tremblement de terre.

Alors même si pendant des années je ne concevais pas d’être maman au foyer dont la principale occupation est de s’occuper de son bébé , aujourd’hui les choses ont changé. J’ai passé neuf mois en fusion avec ce petit être et aujourd’hui nous avons besoin, lui autant que moi de perpétuer encore ce lien. J’ai donc fait le choix de pratiquer le maternage proximal. Voilà comment ma vision des choses à changé, en étant en accord avec mes valeurs et mes besoins.

Et si c’était ça ?  Si le vrai féminisme était de laisser le choix aux femmes , sans juger, sans supposer que c’est un recul social ? Si on pouvait leur permettre de s’épanouir dans la maternité sans les punir pour ça ? Si on leur permettait d’avoir un enfant ET un travail sans entendre qu’elles sont un risque ? Et si on leur permettait aussi de ne pas vouloir d’enfants, de disposer de leur corps ? Si on leur permettait les mêmes ambitions que les hommes si elles le désirent ?

Je me rends bien compte que je ne parle là que d’un aspect de la lutte féministe, mais je parle de ce que je vis et je connais. Je n’ai pas la compétence pour parler de droits au sens propre. Je sais qu’il y a encore beaucoup de travail, mais je te propose de déjà parler de ce que l’on vit au quotidien et qui nous touche personnellement.

Voilà , je pose ça là t’en fais ce que tu veux. Moi j’ai réalisé que selon la définition de wikipédia je ne suis pas féministe mais après tout je m’en fou je préfère me battre pour l’équité et la liberté.

A bon entendeur 😉 a bientôt 😘

3 réflexions sur “Maternage et féminisme

  1. Je suis complètement d’accord avec toi ! Je suis ingénieure mécanique et je m’estime féministe. Mais je suis aussi une maman qui allaite sa fille depuis 17 mois, qui a pris un temps partiel de 40% pendant 6 mois et qui continue depuis à 80%. Je sens que ma vision de l’éducation, bienveillante, étonne autour de moi et que beaucoup ne comprennent pas mes choix mais je suis convaincue que c’est ce qui est le meilleur pour notre famille !

    J'aime

    1. Bravo ! C’est un beau parcours.
      On en parlait avec une amie récemment, on répond juste à nos besoins et surtout ceux de nos bébés et pourtant on devrait passer notre temps à nous excuser. Personnellement, c’était aussi une question de simplicité pour moi et pourtant aujourd’hui j’ai l’impression que c’est compliqué puisque je dois toujours me justifier. Et encore je travaille à l’extérieur ! Certes pas beaucoup mais quand même 😁

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s